Commentaire de Gary : SF nous donne un parfait exemple de problèmes fondamentaux dans cette situation d'agoraphobie. Ceci est une nouvelle preuve que la thérapeute/praticienne qui persiste finit par gagner. C'est en refusant d'abandonner que l'on devient maître de l'EFT.
SF : Je veux à tout prix partager l'expérience de R, une femme de 25 ans qui souffrait depuis cinq ans d'agoraphobie et de symptômes sèvères de panique.
Je ne travaillais pas avec R depuis longtemps. L'homéopathe qui soignait son anxiété avec des remèdes homéophatiques me l'avait envoyée. R étudiait pour devenir Naturopathe et refusait de travailler avec un psychiatre qui lui aurait recommandé les remèdes anti-anxiété habituels. J'avais d'ailleurs travaillé avec son homéopathe, et j'utilisais l'EFT en psychothérapie, éliminant ainsi le besoin de médicaments.
Depuis 15 mois, R ne quittait jamais sa maison. L'anxiété la paralysait et elle avait peur de tout. Elle ne prenait jamais plus le volant de sa voiture, et ne s'était jamais aventurée plus loin que le coin de sa rue, depuis tout ce temps.
Je suis donc allée la voir chez elle la première fois, et nous avons ensuite fait des sessions téléphoniques : c'était une alternative viable, une fois qu'elle connaissait la technique.
Son anxiété "le danger dans le monde" avait été déclenchée et alimentée par une multitude de pensées négatives et croyances qui commençaient ainsi : "Et SI...?", et se terminaient avec le pire scénario possible. Par exemple : "Et SI je prenais ma voiture pour me rendre chez ma grand-mère, et SI je restais coincée dans un embouteillage au coin des rues Principale et Orme, et SI j'avais besoin d'aller à la toilette et SI je ne pouvais pas revenir à la maison...". R était consciente de ses pensées et savait qu'elles avaient alimenté sa panique, mais ne savait pas les travailler toute seule.
Nous avons donc examiné ses pensées négatives complexes. Nous avons fait des séquences EFT pour chaque pensée qui la poursuivait, afin de la transformer. R a retrouvé en elle-même une nouvelle puissance, sachant maintenant qu'elle pouvait découvrir un pattern et le libérer.
Souvent, elle me disait qu'en reconnaissant ses inquiétudes, son anxiété augmentait. Nous nous arrêtions alors, et je lui demandais de tapoter en disant : "Même si je me sens nerveuse si je continue..." Ensuite, elle pouvait continuer. Après une seule session, R a pu sortir de la maison. Après deux sessions, elle a pu se rendre en ville (trois coins de rue) en auto, et déposer sa fille à la bibliothèque. Elle faisait de petites excursions tous les jours. Sa vie redevenait normale. Un jour, nous avons fait remonter un problème fondamental et son anxiété est revenue, mais elle a continué ses sorties.
Ce problème fondamental était un trip au LSD vécu lorsqu'elle avait 16 ans. Elle avait été traumatisée par les mémoires et son impuissance devant les hallucinations et les distorsions qui avaient duré 12 heures. Elle a décrit sa honte d'avoir pris cette drogue, la culpabilité qu'elle ressentait et le lien qu'elle faisait entre ce traumatisme et son agoraphobie.
Ses premières affirmations étaient donc pour la honte, la culpabilité, le traumatisme des mémoires et le traumatisme d'avoir à parler de cette expérience. (Elle croyait qu'en décrivant cette expérience, l'émotion déclencherait un retour en arrière de son trip au LSD). Nous avons tapoté pour l'insécurité qu'elle ressentait à la pensée de faire ce travail, et la peur de faire remonter quelque chose de douloureux. Ensemble, nous avons découvert tous ses blocages de résistance et de terreur et finalement fait un travail énergétique pour réduire le traumatisme de ce trip.
Un autre élément important est le travail que nous avons fait afin que R apprivoise et reconnaisse son anxiété. En méditation guidée, nous avons travaillé "ses pensées anxieuses agaçantes et tous ses SI." R a pu se créer une image de ce qu'elle décrit maintenant comme son "petit bonhomme anxiété." Ce petit bonhomme se loge derrière son oreille droite. Il ressemble au diable de Tasmanie et tient une fourche. Il saute de haut en bas et lui fait voir les pires scénarios de peur. Pendant plus d'un an, il l'empêchait de sortir de sa maison, de prendre le volant de sa voiture. Elle a pu s'aider lorsqu'elle a fait la distinction entre ses perceptions et ce qui était vrai et sécuritaire pour elle.
Hier, nous avons donc commencé le travail sur le traumatisme d'être emprisonnée dans son trip au LSD et le petit bonhomme anxiété est devenu "fou". Il a essayé de nous faire arrêter mais nous avons reconnu sa voix, tapoté sur ses affirmations concernant les peurs de R, et poursuivi notre travail. Il ne nous a arrêté que deux fois. À notre surprise, le petit bonhomme anxiété est disparu après deux séquences de tapotements sur ses inquiétudes. R était renversée. Elle a pleuré de joie en voyant que cette partie d'elle qui la tourmentait n'y était plus. Elle ne s'est même pas interrogée à savoir comment ceci était possible, si c'était vrai, si c'était permanent. Elle savait tout simplement que la voix était partie et que l'image derrière son oreille droite était disparue. Quelle expérience pour elle d'avoir fait la paix avec son persécuteur.
Je suis toujours émerveillée par le grand pouvoir de transformation de ces techniques.
Adapté et traduit, avec permission.