Comment une ouverture a été créée pour un médecin aux croyances bien ancrées

Un peu d'historique. Dr. Pierre est un ami de longue date. Il est conscient du travail que je fais avec la technique EFT, n'y connaît pas grand chose, et bien franchement, c'est un truc qui ne l'intéresse pas le moins du monde. Dr. Pierre est chirurgien, et dans son système de croyances, il n'y a pas de place pour les "techniques alternatives". Depuis quelques années, sa santé décline et tout récemment, il s'est lui-mme mis à la retraite. Il a 61 ans - et de nombreux malaises l'empêchent de fonctionner normalement.

L'autre jour, il a téléphoné pour me dire qu'il serait de passage et m'a demandé s'il pouvait passer la nuit chez moi. Le lendemain, il allait commencer un programme de chimiodépendance de 60 jours. En fin d'après-midi, lorsqu'il est arrivé, il s'est mis à me décrire tous ses malaises physiques, et la colère, rigidité, culpabilité et honte qui avaient ombragé sa vie et qui l'avaient propulsé vers l'usage addictif de plusieurs drogues. Il en est rendu au point où il doit abandonner ses dépendances ou mourir. Quel choix ! Mais voilà où il en est rendu.

J'ai écouté patiemment et attentivement alors que Dr. Pierre me racontait son histoire, et les roues de l'EFT n'arrêtaient pas de tourner. Je savais bien que j'étais en mesure de l'aider, mais je savais aussi qu'il résisterait à ce "truc de tapotage oriental". Je ne voulais pas non plus faire une session rapide, la limitant à quelques problèmes immédiats. Plutôt, je voulais travailler au niveau d'un problème fondamental, ce qui exigerait sa participation active. J'ai donc écouté attentivement, attendant de me glisser dès qu'il ouvrirait une porte qui me permettrait de faire un lien entre l'EFT et son système de croyances. Voilà ce qui s'est passé.

Dr. Pierre : ... Alors, j'ai parlé de mon problème à plusieurs thérapeutes, et je comprends de mieux en mieux pourquoi j'ai tellement de colère et autres problèmes émotionnels.

Gary : Selon toi, qu'est-ce que tes émotions ont à voir avec la dépendance ?

Dr. Pierre : Tout. C'est quand j'ai les émotions à fleur de peau que je cours vers mes drogues.

Gary : Comme un calmant ?

Dr. Pierre : Exactement !

Gary : Tu as peut-être besoin d'une baguette magique qui pourrait éliminer les dérangements émotionnels.

Dr. Pierre : (en plaisantant) En effet ! Tu en as une ?

Gary : Eh bien, peut-êre... en quelque sorte. J'aimerais bien pouvoir t'expliquer comment elle fonctionne.

Nota : Cette phrase était TRÈS importante parce qu'elle ouvrait la porte permettant que Pierre puisse vivre l'expérience de l'EFT sans avoir à écouter mes explications "d'amateur de médecine orientale". Plutôt, il pouvait se fonder sur ses propres croyances et EXPLIQUER ce système À SA MANIÈRE. Voilà le pont que nous avons créé.

Dr. Pierre : Tu veux dire ce truc de tapotage ?

Gary : Oui. Je ne connais ni le pourquoi ni le comment, mais ce que je sais c'est que des médecins et PhD partout dans le monde s'en servent avec succès. Plusieurs théories sont présentées, mais personne jusqu'à maintenant n'arrive à l'expliquer, vraiment. J'aimerais bien moi aussi connaître le pourquoi.

Nota : Je l'ai invité à regarder une vidéo de quelques minutes, où il a pu voir un travail que j'ai fait avec une personne dont les mâchoires étaient très serrées. Il a été très impressionné par la rapidité avec laquelle elle s'est sentie soulagée.

Gary : Ce serait peut-être plus logique pour toi si je l'essayais avec un de tes problèmes physiques ?

Dr. Pierre : D'accord.

Nota : Nous avons donc fait des sessions EFT sur ses deux problèmes les plus évidents : un ulcère gastrique et des douleurs dans les jambes. Le problème des douleurs dans les jambes était particulièrement intéressant, puisqu'elles étaient "impossibles" à soulager. Elles étaient causées par des ouvertures réduites dans sa colonne vertébrale qui pinçaient des nerfs menant à ses jambes. Comme preuve, il avait même des radiographies. Sur une échelle graduée de 0 à 10, ces douleurs étaient TOUJOURS un 5 ou 6, sauf le soir, lorsqu'il s'allongeait. Elles grimpaient alors à 9 ou 10. Après 2 ou 3 rondes d'EFT, l'intensité des deux malaises était réduite de 50 %. Il était impressionné, mais cherchait toujours une raison. Et le progrès s'est arrêté. Pour moi, ceci est toujours un indice que je dois trouver les causes émotionnelles directes.

Gary : Si une émotion contribuait à ton ulcère gastrique, quelle serait cette émotion ?

Dr. Pierre : Ma colère envers mon père qui m'a souvent giflé, lorsque j'avais entre 8 ans et 16 ans. C'était un acte méprisable, et toujours pour des raisons insignifiantes. Insignifiantes. Insignifiantes. Par exemple, un jour, je n'ai pas fini de tondre la pelouse avant 17 heures. J'ai terminé à 17h15. Il m'a fait venir au salon pour me rabaisser parce que je n'avais pas fini à temps, et il m'a giflé, fort. J'étais humilié, j'avais honte. C'était méprisable. Vraiment méprisable.

Gary : Et comment est ton ulcère maintenant ?

Dr. Pierre : Très élevé, très, très élevé - un 8, je dirais.

Gary : (en plaisantant) Tiens, il y a peut-ètre un lien entre ta colère envers ton père et ton ulcère. (Pierre hoche la tête - il a compris). Alors, si on faisait une séquence. Fais comme moi, que tu y crois ou pas. "Même si je suis en colère contre mon père..."

Nota : 2 ou 3 séquences d'EFT et l'ulcère et la douleur "impossible" dans les jambes étaient réduits à 1. Nous avons ensuite séparé le problème en petites parties et je lui ai fait faire une séquence sur chacune des parties du problème. Nous avons fait des séquences pour :

- son père regarde sa montre d'un air désapprobateur;
- le ton de la voix de son père;
- son propre discours intérieur à ce moment-là - "Oh, merde, il va encore me gifler..."; et,
- la gifle.

Chaque fois que nous faisions remonter l'un de ces aspects, l'intensité de l'ulcère montait autour d'un 5. Chaque fois, la séquence EFT la réduisait à 1.

Dr. Pierre : Je n'y comprends rien, tu sais.

Gary : Moi non plus. Mais laissons ça aux bons soins des scientifiques. Pour l'intant, on fait les séquences, c'est tout. Tu sens que c'est efficace ?

Dr. Pierre : Oui. Mes jambes sont à zéro. Elle n'ont jamais été à zéro depuis cinq ans. La douleur de l'ulcère est à 1. C'est rare.

Gary : Eh bien, un jour nous découvrirons le "pourquoi".

Dr. Pierre : Mainteannt, je pense que j'ai terminé. Quelle découverte pour moi. Mais, je pense que je dois me reposer.

Gary : O.K.

Le lendemain matin, Dr. Pierre m'a avoué que ses jambes étaient à 1 et qu'il n'avait pas senti la douleur pendant la nuit. Bien sûr, c'était toujours "impossible" vu ce que montraient les radiographies. Son ulcère était toujours un 1 et n'avait pas changé. Il a continué sa route vers le centre de chimiodépendance. Il était reconnaissant, mais toujours perplexe.

Moi aussi.

Tendresse. Gary.

(Adapté et traduit avec permission)