Cinq années de deuil

Consultation 1 :

Je recevais une cliente pour une session de EMF Balancing Technique® et elle était supposée faire les phases 5-8 de cette technique. Elle était lè depuis moins de trois minutes et ses larmes glissaient déjà sur ses joues en me racontant que son fils avait été tué dans un accident de voiture. Prudemment, je lui posai quelques questions mais elle était incapable d'en parler plus que de dire que cela faisait déjà cinq ans.

Nous démarrons le travail avec EFT. Il était trop difficile pour elle de tapoter elle-même, c'est pourquoi je me mis à tapoter sur elle et pour elle avec la phrase : "Même si mon fils me manque..." La seule chose qu'elle pouvait indiquer était que l'émotion diminuait un petit peu. Je tapotai encore. Maintenant, elle devenait capable de me dire que l'émotion diminuait. Intuitivement, je décidai de modifier la phrase en : "Même si mon fils me manque chaque jour et très fort..." et là, nous touchions un autre aspect car l'émotion se mit à redoubler.

Nous avons fait une autre séquence. L'émotion diminuait à nouveau. Je commençais à lui poser une question : à quel moment son fils lui manquait-il le plus ?

Elle commença à m'expliquer des détails de sa vie quotidienne comme aller faire les courses et bien s'amuser et l'émotion remonta encore. Or, maintenant, elle devenait capable de tapoter pour elle-même et nous travaillions avec la phrase : "Même si mon fils me manque lorsque je fais mes courses..."

A nouveau, un autre aspect était dégagé ici. Après cette dernière séquence, je lui demandai quelle émotion remontait en elle alors que j'observais un changement sur son visage. Elle me répondit que d'abord, elle ressentait de la colère, puis de la frustration.

Je lui demandai de placer ses deux mains paumes vers le haut et de les poser sur mes deux paumes de mains placées devant nous. Je lui demandai de fermer ses yeux, de placer virtuellement dans une main l'émotion de colère et dans l'autre celle de la frustration. Je lui demandai laquelle de ses mains était la plus lourde alors que je retirais les miennes et la colère sortit gagnante. Je lui demandai si elle connaissait d'où provenait cette colère. Elle me répondit que c'était vers la petite copine de son fils qui survécut à l'accident à la suite d'un coma sévère.

Elle avait dit à son fils que ce n'était pas la bonne personne pour lui et elle généra l'accident, n'ayant ni son permis de conduire, ni une assurance.

L'émotion dépassa les bornes et nous commencions à tapoter : "Même si je suis en colère avec cette fille, parce que selon mon opinion, elle est responsable..." Après quelques séquences, nous arrivions à 0,5. Elle décida de le garder ainsi, se ressentant en sécurité avec un petit reste de colère. Après 1h30 de travail, nous arrêtions la séance. Elle était fatiguée après avoir travaillé si dur.

Consultation 2 :
Nous travaillions sur la frustration. Elle me disait qu'elle était frustrée que son fils ne l'écoute pas en relation avec la petite copine. Nous débutions le tapotement avec la phrase : "Même si mon fils a choisi de guider sa propre vie et fait ses propres choix à l'âge de 20 ans..."

Cette émotion avait disparu après deux à trois séquences. Nous travaillions sur quelques aspects supplémentaires et je décidais de la laisser parler à propos de la totalité de l'événement, en se mettant d'accord qu'elle s'arrêterait dès qu'une émotion émergerait afin de tapoter dessus.

A la fin de cette séance, cette personne qui, deux jours auparavant était incapable de parler de son fils sans pleurer, me donnait des détails sur l'accident, comment elle apprit la nouvelle et méme comment se passa l'identification à la morgue. Tout ceci sans émotion significative, ce qui marqua la fin de cette séance de travail.

Consultation 3 :
Je lui demandais ce qui lui manquait dans sa vie actuelle. Elle me dit qu'il lui manquait la joie. Nous fîmes une courte séquence sur ce sujet et juste après nous fîmes une session EMF 1-2 pour retrouver la joie intérieure. En me disant au revoir, elle me dit qu'elle n'avait jamais été capable de parler de son fils au cours de ces cinq années, même avec des médecins, psychologues ou psychiatres et supposait alors que ce devait être le bon moment avec la bonne personne. Elle ne pouvait me remercier suffisamment pour ce que je venais de faire avec elle. Elle était très touchée.

A mon tour, je la remerciais du plus profond de mon cÏur d'avoir été aussi courageuse et je lui souhaitais encore plus de joie dans sa vie.

Clemens DOKMAN - Février 2004

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