L'électricité me survolte

Nous restaurons notre vieille ferme. Peu bricoleurs au demeurant, nous apprenons les différentes étapes de notre travail au fur et à mesure et cette fois-ci, nous devons nous occuper sérieusement de l'électricité.

Chaque fois que nous en parlons, je fuis la discussion ou bien je commence à monter le ton sans raison, voire je finis par devenir presque agressive vis-à-vis de mon conjoint ! Jusqu'au jour où je me rends compte que c'est en fait la réflexion d'une peur. J'ai peur de l'électricité. Cette peur n'est basée sur aucune raison rationnelle vécue, elle est chronique, viscérale et se déclenche dès que nous devons construire. Je subis donc ma propre peur.

Dès le diagnostic fait, je peux me prendre en charge et je le fais finalement poussée à la suite d'une altercation sur des dessins du circuit électrique de la maison. Je monte dans ma chambre et commence à travailler "Même si j'ai peur de l'électricité, je m'aime et je m'accepte infiniment...". Au bout de deux séquences, mon corps est tendu. Alors je poursuis : "Même si mon corps est tendu alors que j'ai peur de l'électricité...".

Après la première séquence, une image remonte de la mémoire de mon être et je me vois dans des flammes. Je continue à tapoter sur mes méridiens pour pouvoir contenir l'émotion et ainsi poursuivre mon film intérieur. Je comprends que je suis morte dans cet incendie et il eut lieu dans une maison. Je poursuis mes tapotements et tout à coup, une ouverture de conscience m'amène douloureusement à comprendre que cette fois-là, j'ai perdu toute ma famille dans cet incendie, puis j'en suis morte moi-même.

L'émotion contenue au moment de cette mort-ci a généré une empreinte dans mon être et un stimulus dans ma vie présente, a fait remonter cette émotion à la surface sans qu'elle ait un lien rationnel avec la vie en cours. Je poursuis la séquence : "Même si je pleure parce que je me sens coupable de la mort de mes proches, je m'aime et je m'accepte infiniment..." Encore une séquence et je me trouve enfin au calme.

Le lendemain, je reprends les dessins de l'installation de l'électricité et commence à poser des repères. Mon mari rentre dans la salle en restauration et me trouve à la fois calme et à la fois occupée à l'électricité, association impossible jusque-là. Je commence à travailler comme si de rien n'était car c'est exactement ce que je ressens : comme si rien de difficile n'avait jamais existé !

Etait-ce une vie passée ou une illusion ? La question est intéressante mais absolument inutile car le blocage irrationnel n'existe plus et c'est bien cela le plus important : de pouvoir vivre en paix. (Christine - août 2003)

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