J'ai peur de ce qu'on pense de moi

Il s'agit d'une jeune fille de 26 ans, très repliée sur elle-même, qui suit des études de Droit, qui a souvent des migraines, qui ne supporte pas la foule et qui a peur de tout.

Au cours de notre entretien, elle me dit : "J'ai très peur de ce que les gens pensent de moi et comme je suis très médiocre par rapport à mon frère (il est ingénieur) j'ai choisi de faire des études de Droit, mais pas par goût personnel, pour pouvoir donner une autre image de moi, me donner une certaine importance. Mais à ce jour je ne réussis rien, je n'arrive même pas à avoir mon diplôme.

Et le pire je viens de l'entendre de la bouche de ma grand mère : '...il faudrait quand même que tu te bouges à ton âge, tu ne crois pas que ton père va t'entretenir toute ta vie. Les paresseux n'ont pas leur place dans ce monde.'"

Vous imaginez dans quel état se trouvait Julie.

Nous avons commencé à travailler, et au fur et à mesure la situation devenait de plus en plus claire pour elle (je vous passe tous les détails). En résumé, elle vivait dans une famille qui passe le plus clair de son temps au travail et le reste du temps à critiquer les autres. Dans l'esprit de Julie, tout le monde fonctionnait comme sa famille. Mais elle entendait tellement de choses affreuses qu'elle avait peur de ce que les autres penseraient d'elle si elle faisait quelque chose qui n'était pas bien ... (sous-entendu, par rapport à la famille). Du coup, elle ne faisait plus rien.

Nous avons donc travaillé sur une autre vision de la vie, des gens, de chaque individu, sur son potentiel à elle. Elle a fini par prendre conscience de ce qu'elle était et de ses possibilités à elle.

Dans la même semaine, Julie envoyait une demande de stage (chez un notaire, stage de deux ans), et sur deux demandes, elle a eu deux réponses pour un entretien.

Nous avons travaillé à nouveau et aujourd'hui Julie travaille depuis près d'un an chez un notaire et a passé son diplôme de clerc de notaire, qu'elle a réussi. Pour le moment elle réfléchie à savoir, si elle continue ses études ou reste dans son travail. Elle n'a plus peur de la foule, elle regarde sa famille sans jugement. "C'est leur vie, dit-elle, mais pas la mienne, j'étais trop mal."

Elle a un petit ami et elle est en pleine forme.

Nous avons aussi travaillé sur son père car elle le détestait depuis que ses parents avaient divorcé (elle avait 18 ans). Elle avait très mal vécu cette période.

Aujourd'hui elle est très heureuse lorsque son père l'appelle pour l'inviter au restaurant (alors qu'avant c'était une corvée). "Je vois enfin mom père avec mes propres yeux et non pas ceux de la famille, avec ses qualités, ses défauts, comme un être humain, et surtout avec son grand humour, que je refusais de voir, et nous passons vraiment de super moments."

Voilà, très résumée, l'histoire de Julie.

JF