Panique dans l'avion !!!

Nous revenions de nos vacances avec mon mari : une semaine de soleil, repos loin des clients, des élèves, des téléphones, des e-mails et du courrier ... Assis dans l'avion avant le départ proche, nous savourions ces instants de repos. Je ne pensais pas qu'ils seraient effectivement les derniers !

Une jeune femme s'assied à ma gauche. Elle répond à peine à mes salutations, son visage est fermé. Bon, ne connaissant pas trop les autochtones, je n'y prête pas garde car j'ignore leur culture, au fond. Puis l'avion se met en marche pour, tout doucement, se diriger vers la piste d'envol.

Depuis le départ, j'avais observé ma voisine qui gardait les yeux fermés. Là, je la vois commencer à se cramponner aux accoudoirs. Je sens un frémissement de peur venir de son être. Nous sommes en bout de piste. Essais moteurs : son visage se crispe. Les freins sont alors lâchés, nous décollons et là commence une véritable torture pour ma pauvre voisine : elle panique en avion ! J'ai pourtant voyagé mais je n'ai jamais vu cela de ma vie. C'est une vraie terreur de voir quelqu'un souffrir pareillement. Nous sommes en pleine ascension avec les soubresauts habituels avant que l'appareil ne puisse se stabiliser à 10 000 mètres et c'est l'horreur à côté de moi : elle gémit, elle est tendue des pieds à la tête, elle nous donne l'impression de vouloir vomir ... Depuis un moment, je lui ai pris la main et essaye de la calmer sans succès aucun. Mon autre main est placée sur son centre du coeur en position d'urgence énergétique. Plein de questions percutent ma tête. "Est-ce la première fois ? Sinon, pourquoi ne m'en a-t-elle pas parlé ? Cela va-t-il durer tout le vol ?"

Après avoir eu conscience de la gravité du cas, je me dis que tout de même, la reprise de mon travail est un peu violente ! Mes vacances viennent de s'achever... L'humour est toujours présent chez moi, ce qui est souvent une grande aide dans la dédramatisation ...

L'appareil est enfin arrivé à son altitude de croisière. Ma voisine reprend sa respiration, elle est couverte de sueurs. De l'autre côté de la rangée, deux personnes ont paniqué de la voir ainsi : "C'est la première fois ?" lui demande l'une. "Non, c'est chaque fois pareil, à la montée et à la descente !"

Je réfléchis : que puis-je sortir de ma caisse à outil du "petit secouriste énergéticien" ? Je ne vois qu'EFT dans cette situation. Alors je lui demande : "Je peux vous aider à transformer cette peur, si vous le souhaitez. C'est un petit travail très facile sur les méridiens d'acupuncture." Elle s'empresse de me répondre que oui, elle ferait n'importe quoi pour cela. Je n'ai pas beaucoup de temps. Je lui explique la méthode et lui propose de le faire sur elle car elle n'a pas du tout l'intention de lâcher ses accoudoirs. Nous tapotons sur la peur de l'avion, la peur de voler, le décollage, la pression de la vitesse au décollage. Ça se calme un peu, elle reprend des couleurs. Puis, l'avion rentre dans un trou d'air et la panique ressurgit instantanément. Un nouvel aspect ! Tape, tape ... Maintenant, elle arrive à me décrire que c'est son coeur qui monte et qui sort. Alors nous tapons sur "le coeur qui monte et qui sort" jusqu'à ce qu'elle arrive à entendre ses battements cardiaques sans que cela ne lui crée une émotion. Elle commence à parler et garder ses yeux ouverts en permanence maintenant et elle m'explique qu'elle est étudiante à Lyon et qu'elle fait ces trajets très souvent pour rentrer au pays. Depuis le premier jour où elle est montée dans un avion, elle est malade. Rien n'y fait. Deux heures de vol sont égales à deux heures de tortures. Elle parle avec le fatalisme de quelqu'un qui ne peut pas voir autre chose que cela dans sa vie maintenant.

Je lui explique que cette technique va changer tout ceci, comment cela s'opère et que son comportement ne sera plus le même non plus. Elle a du mal à me croire mais elle est très studieuse. J'observe que nous venons de passer deux fois d'autres trous d'air et qu'elle n'a pas bougé d'un cil. Même notre voisine de l'autre côté de l'allée s'en est rendue compte et me fait un signe discret. Alors, nous pouvons manger tranquille.

Je lui explique que, après le repas et si elle le souhaite, nous poursuivrions pour se préparer à la descente. Cette deuxième séance se fait en la préparant aux différents aspects de la redescente comme "lorsque les signaux lumineux s'allument pour annoncer l'amorçage", "lorsque le commandant de bord nous en avertit", etc ...

L'intensité mesurée à chaque fois est relativement raisonnable pour ces aspects, entre 4-6 et on les amène à zéro. Je dois vraiment me dépêcher de le faire avant que cela ne se produise en réalité ! Puis, les séquences travaillées juste avant se mettent en place l'une après l'autre. Aucune réaction de ma voisine. Je lui explique que nous allons poursuivre ensemble, qu'elle doit simplement m'informer dès qu'une émotion monte et nous tapoterons alors. Elle fait la séquence elle-même maintenant si besoin. Sa confiance en elle semble avoir grandi démesurément ! Je suis témoin d'une transformation incroyable et d'une beauté remarquable en plus. Etant encore débutante dans cette technique, en fait je n'ose même pas croire à ce que je vois.

Depuis un moment déjà, le commandant a annoncé l'atterrissage, elle regarde le paysage à travers les hublots comme si elle n'avait jamais eu le loisir de le faire auparavant. Ses mains sont croisées sur le devant de son ventre et même pas serrées mais normalement posées l'une sur l'autre. Nous arrivons à l'étape où les stewards s'attachent aux fauteuils de cabine, l'atterrissage est imminent ! Toujours rien. Tout à coup je pense, zut, on n'a pas travaillé l'aspect de l'effet de la pression à l'atterrissage. Je suis en alerte pour réagir s'il le faut. Je la questionne régulièrement : "Toujours à zéro ?" "Zéro !" En effet le coeur bondit un léger instant au moment où l'avion freine à fond mais ce n'est même pas le temps d'une demi-séquence de base.

Nous sommes arrivés. C'est une femme fière que j'ai à mes côtés maintenant. Dans les quelques paroles qu'elle me dira, je retiendrai : "Quelle différence ! C'est du tout au tout ! Qu'est-ce que ça fait du bien ! Merci."

En partant, elle me demande : "Au fait, vous faites quoi dans la vie ?" Et je lui répond : "Je fais ce que je viens de faire avec vous, c'est mon travail ! Vous ne pouviez pas mieux choisir votre voisine dans tout cet avion !"

Souvent, je pense à elle et comment elle m'a plongée encore plus dans la certitude que ce travail EFT était un vrai cadeau de libération et que ce cadeau valait la peine que je le regarde d'un peu plus près. Je vais me souvenir longtemps de ce visage qui m'a appelé juste avant que nous disparaissions dans la foule à la douane "Et encore merci !" Elle ne connaissait pas mon nom, je connaissais à peine le sien, une inconnue croisée sur son chemin pour se libérer - fort probablement à vie - de ce qui a été un problème pendant des années sans encore vraiment réaliser que c'était réellement fini. Quels contrats de vie .... Peut-être un jour nous nous retrouverons ? (Christine - Janvier 2004)

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