Commentaire de Gary : Il y a un an, Bobby, une personne très sceptique, a acheté le cours de base EFT sur vidéo. Nous avions eu quelques entretiens téléphoniques et il a dit qu'il "allait l'essayer" pour une situation émotionnelle personnelle. Il y a quelques jours, il a téléphoné pour me dire qu'il avait bien essayé mais que les choses n'avaient fait qu'empirer. Bien sûr, j'aurais préféré l'entendre dire que (1) son commerce avait triplé; (2) que ses relations étaient extraordinaires; (3) qu'il n'avait plus besoin de Viagra; (4) et, que pour me remercier, il m'offrirait une nouvelle Ferrari. Mais non.
À l'occasion, des personnes me disent que l'EFT a aggravé leur situation. C'est ce qu'ils perçoivent, mais ce n'est jamais ce que j'entends. Plutôt, mon expérience me dit qu'une situation qui s'aggrave indique vraiment qu'un problème de surface a été réglé pour faire place à un problème plus profond. La personne n'en est pas consciente et croit que les tapotements ont fait empirer les choses.
En discutant avec Bobby, j'ai appris qu'il avait été en thérapie pendant plusieurs années pour une gamme de problèmes, dont l'agoraphobie (qui, semble-t-il, est guérie). Il avait une longue liste de problèmes sur lesquels il travaillait, dont une phobie de rouler sur une autoroute et une phobie des escaliers roulants. Je soupçonnais, bien sûr, qu'en utilisant l'EFT pour ces phobies, il soulageait en fait des émotions qui cédaient leur place à des problèmes plus importants sur lesquels il pourrait se centrer. Il décrivait son anxiété croissante (un mot assez global, selon moi) en disant que la situation empirait.
Il était important de créer un bon rapport entre nous, surtout à cause de son scepticisme. J'ai donc respecté ses nombreuses questions techniques et ses défis en y répondant ainsi :
"Je ne sais pas si tu as raison. Tu sais, à ce stade, nous avons plus de questions que de réponses."
"L'augmentation de ton anxiété pourrait être causée par plusieurs choses. Selon mon expérience..."
"Nous avons nos théories, bien sûr, mais l'essentiel c'est - cette méthode est-elle efficace ?"
De telles affirmations sont vraies ET appropriées pour les personnes sceptiques. Elles se conforment à leurs croyances et pavent le chemin à leur ouverture. De toute manière, ceci a capté son intérêt et m'a permis de découvrir un peu ce qui se trouvait derrière ces phobies. Lors de notre entretien, Bobby a mentionné qu'il avait un problème visuel relié à ces phobies. C'est comme si ses yeux se fatiguaient lorsqu'il regardait un escalier roulant d'en haut ou une autoroute se déroulant devant lui. Dans les deux cas, le mouvement de personnes ou de voitures qui le dépassaient semblaient aggraver le problème.
Il est souvent utile d'étudier une situation en profondeur si elle ne semble pas se dérouler normalement. Je l'ai comparée à une découverte de Dr. Roger Callahan, c'est-à-dire que la phobie des hauteurs n'est souvent pas une réaction à la hauteur. Il s'agit plutôt d'une réaction aux "lignes convergentes" que l'on voit en regardant du haut d'un édifice ou une falaise. Ces lignes convergentes peuvent donner à la personne l'impression qu'elle est "tirée" vers ces lignes, et la réaction est perçue comme de la peur. Je trouve que cette compréhension est géniale et en même temps, elle est logique. Par exemple, pourquoi une personne qui a une phobie des hauteurs n'a-t-elle pas peur de regarder par le hublot d'un avion qui vole à une altitude de plusieurs kilomètres mais n'arrive pas à regarder par la fenêtre d'un appartement au quatrième étage ? Ceci laisse entendre qu'il ne s'agit peut-être pas d'une phobie des hauteurs. C'est plutôt une phobie de lignes convergentes.
Bobby a vite compris ce que je disais. C'était logique pour lui. Les escaliers roulants et les autoroutes avaient des lignes convergentes et il sentait que ses yeux fatigués étaient causés par son incapacité de les regarder. Nous avons fait ensemble quelques séquences EFT pour "regarder en bas d'un escalier roulant" et "regarder à l'horizon sur une autoroute". Je lui ai demandé d'imaginer les deux situations et il a ressenti "une pression au niveau de la tête" dont l'intensité était 6 ou 7. Nous avons tapoté quelques séquences jusqu'à ce que la pression soit réduite à zéro ou 0,5. Nous avons imaginé les aspects possibles, par exemple, des personnes et des voitures défilant de chaque côté.
Il nous était imposssible de savoir si nos sessions avaient réussi à diminuer ou éliminer la réaction phobique. Nous ne pouvons le savoir que lorsque la personne est devant une situation réelle. Certains praticiens vérifieraient à l'aide d'un test musculaire. Moi, j'attends de voir ce qui se produira dans la réalité.
Je ne sais pas si Bobby communiquera avec moi de nouveau pour me parler de ses résultats à long terme. J'ai quand même reçu ce petit courriel le lendemain de notre session. Il n'avoue pas que les tapotements ont peut-être eu un effet positif.
Bobby : Merci d'avoir passé ce temps avec moi hier. Le fait d'avoir défini le problème comme un problème "visuel" (les lignes convergentes) plutôt qu'une phobie (un problème psychologique), ont fait toute la différence. C'est rempli de bon sens pour moi quand j'observe l'évolution de ce problème. Je ne saurais dire si les tapotements ont vraiment aidé, mais je sais que le concept m'a beaucoup aidé. Je suis sorti en auto et j'ai roulé sur l'autoroute deux fois aujourd'hui, avant et après le déjeûner. La première fois, je sentais une pression dans ma tête, un 4 je crois. La deuxiême fois, je crois que je me suis un peu détendu une fois sur l'autoroute, peut-être un 2. Je pense qu'il est plus sage d'y aller au compte-goutte, alors je me suis arrêté là, même si je voulais continuer. Il me tarde d'essayer de nouveau !
Je t'en donnerai des nouvelles. Et merci. J'ai maintenant de l'espoir, chose que je n'avais plus depuis deux ans.
Commentaire de Gary : Voici quelques commentaires que m'ont transmis certains lecteurs :
1. Merci de cet article concernant les lignes convergentes. Je comprends maintenant pourquoi ma cliente qui avait une phobie des autoroutes ne faisait pas de progrès. Elle m'avait parlé d'être incapable de regarder à gauche, parce qu'elle peut voir les voies. Je lui ai lu cet article, et elle comprenait bien.
2. Cet article m'a beaucoup aidé. J'ai participé à l'un de vos ateliers récemment, et j'ai fait partie d'un groupe qui tapotait pour des phobies. Mon problème était de conduire une voiture, surtout sur les ponts. Je ne vais pas manquer de tapoter pour ces lignes convergentes. Je crois que c'est la clé de mon problème. Sur les ponts, et davantage dans les tunnels, j'ai l'impression que les côtés vont s'écraser sur ma voiture. Je vois aussi maintenant qu'une partie de mon problème est que les lignes convergent devant moi lorsque je roule sur une autoroute à plusieurs voies et ceci me donne l'impression que les voitures de chaque côté vont me tamponner, comme s'il n'y avait pas de place pour ma voiture. Déjà, je sens remonter plusieurs autres aspects de ce problème. Merci d'avoir partagé cette information.
Traduit et adapté avec permission.