Commentaire de Gary : Voici deux lettres envoyées par Irene, concernant un client qui souffre de solitude. Nous rencontrons tous des clients qui vivent simultanément plusieurs aspects. Ils nous demandent beaucoup de temps, et nous nous demandons souvent si nous progressons vraiment avec eux. En fait, ils représentent un défi parce qu'ils exigent plus de temps que les autres, mais sont en même temps une bénédiction parce qu'ils nous permettent d'enrichir nos compétences.
Première lettre : L'un de mes clients a un problème de solitude. Il sent que s'il surmonte ce problème, il se libérera de ses autres problèmes. Il essaie toujours de plaire aux autres et craint souvent qu'on l'abandonne. Il était profondément inversé, alors je lui ai demandé de frotter son point sensible en disant : "Je m'aime et je m'accepte infiniment même si je suis malheureux", pendant une semaine. Ensuite, il a fait le même exercice pendant quelques jours pour sa solitude. Pendant cette semaine, il a eu des moments de grande solitude, mais il n'a jamais pensé à faire de l'EFT. Nous avons consacré deux sessions à l'EFT pour sa solitude (la première a duré deux heures et la deuxième a duré 90 minutes). Nous arrivons à diminuer l'intensité, mais il réussit toujours à la faire remonter, même si, au début des sessions, je lui demande de bien se concentrer. Je persiste ? Ou as-tu d'autres idées ?
Commentaire de Gary : J'ai bien réfléchi à ta question. Voici ce que j'en pense.
1. La solitude est une étiquette qui comporte probablement plusieurs aspects. Cette personne a probablement été rejetée et abandonnée plus d'une fois. Tu me dis dans ta lettre qu'il craint toujours d'être abandonné. Je reconnais ici une peur à aspects multiples et je pense que c'est pourquoi vos sessions n'en finissent plus. Vois si tu ne pourrais pas être plus précise, cernant une ou deux autres émotions qui font partie de cette solitude.
2. Il aurait avantage à faire des séquences EFT une dizaine de fois (ou davantage) tous les jours, pour son problème global de "solitude". Si pendant la journée il pense à un problème plus spécifique, il ferait les tapotements pour ce problème. Ton client peut "oublier" de faire ce qu'il doit faire, et il te faudrait être plus persuasive. Peut-être qu'un petit rappel à l'occasion pourrait aider.
3. Tu fais peut-être des progrès sans le savoir. Il passe peut-être d'un aspect à un autre d'une manière plus globale, ayant toujours écimé "l'arbre précédent dans sa forêt émotionnelle". Je crois que plusieurs autres problèmes pèsent sur lui et tu sauras que tu fais des progrès lorsque certains problèmes ne remontent plus. C'est qu'il en travaille d'autres qui sont plus profonds. Et ça, c'est une bonne nouvelle.
Deuxième lettre : J"ai un client qui arrive à préciser son problème mais je me demande parfois si ceci nous ralentit. Voici un exemple : Il a une peur. L'intensité est 4 et descend à 2. Ensuite il dit que le pire aspect de sa peur est : "j'ai peur de ne pas pouvoir réussir tout seul." Il continue à en parler et sa peur devient : "peur de progresser." C'est un 8 ou davantage. Nous tapotons et il réduit l'intensité à 3, ensuite zéro. Immédiatement, il parle de sa "peur d'être avec moi-même", c'est un 9 et nous le réduisons à zéro. Il a insisté pour refaire une séquence et une larme a coulé sur sa joue parce qu'il n'a jamais accepté qui il est vraiment. Je mesure l'intensité de sa "peur de progresser" et il y trouve un aspect "si je progresse, mon commerce va échouer." C'est un 7. Pendant qu'il tapote, il sent son essence grandir. Il ne se sent plus comme un "petit être". Nous arrivons à diminuer sa peur à 1 : "Si je progresse, mon commerce va échouer" et je lui demande ce qui l'empêche de réduire l'intensité à zéro. Il répond : "l'incertitude par rapport à la direction que prendra mon commerce, le genre de personne que je deviendrai si je réussis, suis-je capable de transformer en moi ce que je dois transformer et est-ce que je devrai vraiment faire le travail nécessaire." L'intensité de sa peur a baissé, l'intensité de l'incertitude a augmenté. C'est le doute qui emprisonne sa peur.
Tu as des suggestions ? Nous avions travaillé pendant deux heures déjà, et j'ai mis fin à la session, me permettant de prendre un peu de recul pour mieux l'étudier. Je pense qu'il nous faut maintenant tapoter pour le doute. Qu'en penses-tu ?
Je veux préciser qu'il s'agit ici de la même personne qui avait un problème de solitude il y a quelques semaines. Il dit qu'il se sent beaucoup mieux maintenant. Si ses amis disent qu'ils ne peuvent pas le voir, il ne se sent plus abandonné.
Commentaire de Gary : Je te félicite de bien vouloir persister et approfondir pour trouver tous les aspects. Au début tu travaillais avec la solitude. Plusieurs formes de peur sont remontées. Maintenant, c'est le doute. Et ce n'est probablement pas terminé. Je sais que parfois on a l'impression de ne jamais en finir, mais tu fais un merveilleux travail avec une situation difficile, sinon "impossible" si tu employais des techniques conventionnelles. J'entends de la musique ... une symphonie inachevée ...
Remarque que la persistance a aidé à diminuer son problème de "solitude", mais il arrive à comprendre en étant conscient des émotions qu'il ressent lorsque ses amis ne peuvent pas le voir. C'est un changement important chez lui, mais qui se manifeste de manière plutôt subtile. Ce n'est pas comme pour une phobie, par exemple, où nous voyons des résultats immédiats. Ce serait bien agréable, mais nous avons des clients qui, comme cette personne, nous arrivent avec une mer de problèmes. La vérité, c'est que nous nous rendons un service mutuel - ces clients ont besoin de notre amour, notre patience, notre expérience et leur situation nous aide à affiner nos compétences. C'est ce que nous apprennent nos "clients difficiles"; ils font de nous de meilleurs thérapeutes. Notre confiance accrue nous aidera et aidera tous nos futurs clients. J'ai vécu de telles expériences souvent au cours des dernières années, et il est difficile maintenant de me poser un défi que je n'ai pas déjà surmonté. Il s'agit simplement de persévérer.
Aussi, lorsque le client passe d'un aspect à un autre (ce que j'appelle l'effet guirlande), il ne reviendra probablement pas à un aspect précédent et s'il le fait, cet aspect sera transformé. Si c'est ce qui se produit, c'est un indice important qui confirme que tu progresses. Tu devras peut-être faire un grand nombre de sessions, mais remarque que ton client fait toujours remonter de NOUVEAUX problèmes. Les anciens semblent le déranger un peu moins. Il progresse devant tes propres yeux. Il ne le remarque peut-être pas lui-même (parce qu'il se bute contre de nouveaux arbres) et il te faudra peut-être lui faire remarquer qu'il progresse en soulignant les choses qui le dérangent moins. Quel service tu lui rends en persistant, persistant, persistant.
P.S. Si tu n'avais pas eu l'EFT pour t'aider, tu crois que tu aurais pu progresser avec cette personne ? Imagine les nombreuses heures de thérapie causale, visualisation, thérapie cognitive ou autres techniques conventionnelles que ceci aurait exigé...
Traduit et adapté avec permission.