Syndrôme de stress post-traumatique

Gary : GD travaille auprès de prisonniers dont plusieurs souffrent du syndrôme de stress post-traumatique (SSPT). Ce n'est pas toujours facile pour lui de parler de cette technique parce que ses clients sont des personnes qui ne s'ouvrent pas facilement.

Dans son message, GD nous parle de la guérison de ce syndrôme chez plusieurs personnes. Je sais que le mot "guérison" est souvent évité dans les cercles traditionnels. Bien que les raisons varient, l'une des plus importantes est que le SSPT est supposément "incurable", aux dires de ceux qui n'ont jamais fait de véritables progrès avec ce problème, donc la plupart des praticiens de pratiques conventionnelles. Selon eux, parler de guérison donne de faux espoirs aux victimes de ce syndrôme et représente, pour ces praticiens qui n'ont jamais réussi à guérir un seul cas de SSPT, un comportement peu éthique et charlatanesque.

J'avoue que je n'ai rien contre le mot "guérison". C'est en fait un mot qui me semble tout à fait juste. Comment décrire autrement un problème qui disparaît et ne revient jamais ? Sans ces non-croyants, le mot "guérison" serait le mot juste - pour rire, j'aurais le goût de remplacer guérison par "PSPM" (problème en suspension, pour maintenant...)
ou
SHA (symptômes en hibernation apparente).

Ou encore, nous pourrions dire que c'est magique ou un coup de chance - tout, mais surtout pas "guérison". Çà suffit !

GD nous parle ci-dessous de son approche créative avec un cas de SSPT. Je pense que vous trouverez son partage très important.

GD : J'ai tellement pris l'habitude de voir se produire des "guérisons miraculeuses", que j'oublie parfois de les partager. J'ai vu se guérir plusieurs cas de SSPT en une seule session. Par exemple, une femme était assise dans un taxi à Washington, DC lorsqu'une balle de révolver a frappé la vitre du taxi. Si cette balle n'avait pas été défectueuse et sa force épuisée, elle se serait logée dans le cou de cette femme.

Lorsqu'elle est venue me voir elle souffrait du SSPT depuis plusieurs mois, et il est disparu en quelques minutes. Depuis, j'ai travaillé avec plusieurs autres personnes, avec beaucoup de succès.

À la prison où je travaille, j'ai fait la connaissance d'un prisonnier, vétéran de la guerre du Viet Nam.

Il y a environ un an, il est venu me consulter pour un symptôme quelconque, l'insomnie probablement. Je ne connaissais rien de son histoire à l'époque. Nous avons travaillé sur "son regret de s'être mis en prison". Une personne avait menacé de le tuer, avait stationné son camion devant sa maison et s'approchait de sa porte. Il a tué cette personne, et on a jugé qu'il ne l'avait pas fait en légitime défense.

J'ai travaillé aussi avec lui pour un accident de la route alors qu'il était au Viet Nam, et je ne l'ai plus revu pendant un an. Récemment, il est revenu, avec d'autres symptômes, dont l'insomnie et des cauchemars à répétition. On lisait bien sur son visage qu'il était sous l'effet des tranquillisants que lui donnaient les médecins pour masquer ses sensations.

Nous avons fait des sessions EFT, mais ses sensations étaient tellement fortes qu'il arrivait à peine à parler, à la simple idée de penser aux événements, y compris avoir été prisonnier de guerre et victime de torture. Il m'a montré ses cicatrices dont celle laissée par un coup de poignard dans le ventre.

J'ai fait un retour dans le temps, et abordé le moment de son recrutement alors qu'il avait 19 ans. Aucune sensation forte n'est remontée. Pour son entraînement, excitation et attente. Encore de l'entraînement, et éventuellement son entraînement de gendarme. Excitation, attente. Son départ pour le Viet Nam. Même chose. Son arrivée au Viet Nam ? Excitation et peur - une intensité de 10, pour les deux !

Nous avons fait des séquences et avons réduit l'intensité de sa peur à zéro, et l'excitation est restée à un dix. Il m'a raconté quelques histoires, et la session s'est terminée. Une semaine plus tard, il faisait toujours des cauchemars à l'occasion, mais moins qu'avant. Nous avons travaillé sur son premier voyage en hélicoptère et sommes passés de 10 à zéro; son arrivée sur le champ de bataille, 10 à zéro; le début de la première bataille, 10 à zéro; la fin de la bataille, zéro; la vie de guérilla pendant six mois sans jamais être détecté, zéro; sa capture, zéro; la torture, zéro.

Il a cru que comme les événements n'étaient pas récents, ce n'était pas important. Et moi, je croyais qu'il refoulait ses émotions et qu'elles remonteraient à la surface, comme au début. Pendant ces deux sessions, j'ai aussi remarqué qu'il imitait mes gestes, sans s'en rendre compte.

Une semaine plus tard, les cauchemars étaient partis, il dormait mieux et il a dit que le souvenir de ces scènes ne le dérangait plus, parce qu'elles étaient anciennes. Pour la première fois, je commençais à voir des émotions dans son visage, dans sa voix, et son ton monotone et mort était parti. Ceci, et l'absence de ses cauchemars, indiquaient un progrès certain. Il est revenu me voir une semaine plus tard, et cette amélioration tenait toujours. Il doit bientôt revoir le psychiatre et je me demande si on réduira ses médicaments.

Je m'attends à le revoir autant que possible, parce qu'il sera bientôt libéré et que les soins en dehors de la prison ne seront peut-être pas aussi efficaces que ceux que je peux lui offrir maintenant. On disait que le SSPT est incurable, et il faut dire que lorsque j'employais d'autres techniques, les clients abandonnaient souvent avant d'avoir eu des résultats.

Cependant, dans ce cas, j'ai utilisé une approche créative, en parlant d'abord des aspects les moins stressants, et abordant graduellement les aspects les plus intenses.

ER : En tant que médecin, j'aimerais ajouter mes commentaires au sujet du mot "guérison".

En médecine moderne, si un cancer disparaît pendant plus de cinq ans, on dit que la personne est guérie. Je ne vois pas pourquoi on devrait avoir des normes différentes pour la guérison psychologique.

J'ai travaillé avec au moins quatre cas de SSPT et plusieurs cas d'abus à long terme. Dans tous ces cas, tous les symptômes étaient disparus après une ou deux sessions EFT. En fait, dans plusieurs de ces cas, les symptômes physiques ont diminué ou sont disparus après que l'on ait dégagé les aspects émotionnels. J'ai fait des suivis après plus d'un an auprès de ces patients, et les symptômes ne sont jamais revenus, ni physiques, ni psychologiques.

Je crois qu'afin qu'un véritable changement psychologique s'opère, il doit se produire au niveau de l'inconscient. Pour ma part, je sais que je travaille au niveau de l'inconscient en demandant à la personne où elle ressent le traumatisme ou l'émotion DANS SON CORPS. Je sais ensuite que j'ai dégagé le problème au niveau de l'inconscient lorsque la personne ne peux plus ressentir le tramatisme ou l'émotion dans son corps, comme elle le faisait auparavant. Ceci ne ressemble en rien à la thérapie causale, où les changements se font au niveau du conscient. Avec les changements conscients, la personne pourrait essayer de penser différemment, mais il y a peu de changements dans la façon qu'a la personne de ressentir le problème dans son corps.

L'EFT est l'une des techniques qui apporte un véritable changement PHYSIOLOGIQUE durable dans le corps. C'est un outil que j'ai eu grand plaisir à incorporer dans ma pratique de médecine conventionnelle.

DP : Hier, j'ai travaillé avec ma 50e cliente, un événement marquant, en quelque sorte. Elle a 19 ans, et son partenaire l'a violée il y a trois jours. Il a aussi tenté de lui casser les bras. Il l'a forcé à ouvrir son oeil gauche et a allumé un briquet près de sa pupille. Il a essayé de l'étrangler, l'a sodomisée, et pour terminer, lui a frappé le visage sans arrêt. J'avais déjà aidé sa mère à traverser des problèmes graves, et c'est elle qui me l'a amenée.

Mes premiers mots ont été : "M, si je t'aide, aucun jury ne pourra accuser cet homme parce que tu ne pourras pas leur parler avec fortes émotions, lorsque tu auras à leur raconter ce qu'il t'a fait. Alors, si ce que tu recherches est la vengeance, tu devrais d'abord écrire ton rapport à la police et attendre le procès. Ensuite, je pourrai t'aider à soulager cette agonie." Elle m'a répondu, les larmes coulant sur son visage battu : "Fais partir cette douleur !!!!!!!!!!!!!"

C'est ce que j'ai fait. J'ai travaillé avec M, chaque coup, chaque outrage, chaque agression, chaque agonie. Pendant presque trois heures, nous avons travaillé chaque nuance, chaque aspect, faisant remonter des montagnes d'aspects provenant de son enfance - jusqu'à ce que chaque problème passe de 10 à zéro.

Je lui ai parlé ce matin, pour faire un suivi. Som commentaire était le suivant : "Tu sais, je me sens vraiment triste pour P (le violeur). Tu t'imagines combien de merde il a sur sa tête ? Tu penses que tu pourrais l'aider ?"

Chacun de ces événements cruels est toujours avec elle, mais la douleur est partie, et elle se sent triste POUR son violeur ! C'était l'EFT peut-être ... ?

Adapté et traduit, avec permission.