Commentaire de Gary : Souvent, l'EFT nous apporte des "miracles minute", où des problèmes de vie, émotionnels ou physiques, disparaissent après quelques séquences de tapotements. Mais il y a des moments où il faut travailler ferme et persister pour trouver les problèmes fondamentaux. Il est vrai que la répétition mécanique des tapotements peut donner de bons résultats, mais l'expérience et la connaissance de l'art de l'EFT permettent d'en faire un chef-d'oeuvre.
DM est l'une de nos étudiantes EFT les plus avides. Elle a étudié les manuels, les vidéos et les textes du cours de base EFT et les vidéos avancées et est devenue une praticienne superbe de ces techniques. Elle a affiné ses aptitudes et est devenue une véritable artiste de l'EFT. Elle a eu le courage de l'essayer sur tout, et a connu des réussites et des échecs. Voilà comment on atteint la maîtrise.
Elle nous raconte une expérience avec une femme profondément troublée, et nous explique le déroulement de leur première session. Remarquez qu'elle n'a pas fait de test musculaire. Elle a utilisé les méthodes intuitives expliquées dans les vidéos avancées.
Ce qui suit est un message que vous voudrez peut-être lire plus d'une fois.
DM : Les faits suivants sont réels, mais j'ai changé le nom de la personne.
Sa mère a téléphoné un jour et m'a dit : "Jennifer est bénéficiaire d'une rente d'invalidité et ne travaille plus depuis des années. Au cours des vingt dernières années, elle a passé plus de trois ans à l'hôpital et consulte un psychothérapeute toutes les semaines depuis vingt ans. Son plus long séjour à l'hôpital a duré quatre mois.
Elle a été victime d'une tentative de meurtre ainsi que deux agressions et un viol. De nombreux traumatismes d'enfance la troublent et la hantent toujours. Elle prend six médicaments psychotropes.
Comme sa mère avait déjà préparé le terrain, Jennifer a aussi téléphoné pour se présenter. Elle sanglotait avant même que j'aie pu lui dire bonjour. Elle habite loin de chez moi et a demandé que nous fassions une session au téléphone. Cependant, elle était tellement bouleversée qu'elle était incapable de me parler de ce qui la dérangeait. Je ne savais que ce que m'avait raconté sa mère.
Elle était tellement désespérée, que j'ai décidé de plonger et nous avons débuté la session. Je lui ai enseigné rapidement les points de tapotements. Nous avons fait une séquence en disant : "Toutes ces émotions." Je tâtonnais dans le noir. Je ne pouvais pas deviner ce qu'évoquait Jennifer alors que nous tapotions. Lorsque j'ai entendu son soupir, je ne savais pas ce qui se relâchait mais je savais que nous progressions.
Après avoir fait quatre séquences avec l'affirmation : "Toutes ces émotions", elle a dit : "Maintenant, il m'est difficile d'évoquer ce qui m'a fait peur durant toute ma vie." J'étais heureuse pour elle, mais je sentais que le moment n'était pas venu pour lui demander de préciser et de parler de ces démons contre lesquels elle luttait.
Elle a pu me dire que ses épaules étaient tendues. Nous avons donc tapoté en disant : "émotion de tension au niveau des épaules". Deux sessions et elle a dit : "Mes épaules se détendent. La tension est partie." Intérieurement, je me demandais quelle question émotionnelle avait été réglée grâce à cette séquence, mais je n'en ai pas parlé.
Elle m'a dit qu'elle était toujours angoissée. J'ai décidé de lui demander de tapoter pour son "angoisse anticipative". Ceci a eu un effet profond sur elle, plus que je ne l'aurais imaginé, parce qu'elle a pleuré et pleuré et était incapable de parler. J'ai donc dit la première affirmation pour elle : "Même si tu as cette angoisse anticipative, tu veux t'aimer et t'accepter infiniment." Après avoir simplement tapoté le point karaté en disant l'affirmation à sa place, j'ai entendu son soupir. Elle se détendait. Nous avons quand même fait cinq autres séquences. Ensuite, elle a dit : "Je ne veux plus pleurer. Je ne me souviens pas d'avoir été sans angoisse. Je n'ai pas peur. Mon visage est détendu et ma voix est calme. Je ne veux même pas une cigarette."
Elle participait maintenant activement au processus. Elle a dit qu'elle ressentait des "flashbacks dans son corps." Nous avons donc tapoté pour la mémoire flashback qu'elle ressent toujours dans une région spécifique de son corps. Ce flashback physique de l'une des agressions est habituellement un 10, mais avec tous nos tapotements, elle a pu facilement me parler de cette dure expérience. Elle était étonnée de pouvoir le faire ! Après une seule séquence de tapotements, elle a dit "C'est parti. Ce flashback qui est là depuis des années est parti." J'ai choisi de lui demander de mesurer l'intensité et effectivement, ce n'était pas parti. L'intensité était 3. Nous avons tapoté en disant "bloquée à 3", et spontanément, elle s'est pardonnée de s'y être accrochée. Elle a ajouté : "Je n'avais pas ressenti une intensité de moins de 10 pour ceci depuis des années. C'est vraiment bon." Je me suis arrêtée là parce qu'elle semblait satisfaite. Je ne connais pas tous les détails de cette agression ou ce qui provoque ce flashback. Ce que je sais, c'est que l'EFT l'aidait plus que toute autre thérapie causale suivie jusqu'à maintenant.
Jennifer m'a confié qu'elle a toujours peur qu'on la tue pendant son sommeil. Elle s'est munie d'un système de sécurité très élaboré, mais s'inquiète toujours. Deux séquences pour cette peur, et elle a dit que sa peur était partie.
À la fin de toutes mes sessions, je demande toujours à mes clients ce qui a été le plus utile et le moins utile pendant notre session. Jennifer m'a dit que tout avait été utile et que les affirmations que j'avais rédigées pour elle avaient été plus utiles que tout le reste. Elle a dit que c'est surtout lorsqu'elle tapotait son point karaté en disant mes affirmations (rédigées intuitivement) que ses émotions se transformaient.
Je lui ai parlé de nouveau le lendemain. Elle a dit : "Je me sens tellement mieux. Je n'ai pas vérifié dans le rétroviseur une seule fois aujourd'hui pour m'assurer qu'il n'y avait pas un meurtrier derrière moi. Pour la première fois depuis des années, je me sens en sécurité dans ma maison et j'ai pu travailler dans mon jardin. Je suis bloquée depuis des années. Je n'ai pas touché mon piano depuis quatre ans, et aujourd'hui, j'ai pu jouer et composer. J'ai pu m'asseoir sur mon banc sans me sentir angoissée et sans avoir besoin de fumer."
Elle a ajouté : "J'ai préparé une liste de 12 autres choses que je voudrais travailler avec toi. Quand peut-on se rencontrer de nouveau ?"
Et ensemble, nous avons ri et ri et ri.
Elle avait de l'espoir, chose qu'elle n'avait pas ressenti depuis des années.
Cette session a duré une heure et dix minutes.
Suivi - mes cinq sessions avec Jennifer
Voici ce qui s'est produit avec Jennifer depuis notre première session.
Nous avons eu cinq sessions jusqu'à maintenant, chacune d'une durée d'environ une heure et demi (sauf la première qui a duré une heure et dix minutes).
Lors de notre deuxième session, Jennifer m'a dit "Depuis deux ans, j'ai trop peur de regarder la télé, parce que je lis de la violence même dans les pubs." Elle a des flashbacks de ses traumatismes du passé si elle regarde la télé. Nous avons fait quelques séquences. Je vous parlerai des résultats un peu plus loin.
Elle se jugeait durement à cause de son diagnostic de SSPT (syndrôme de stress post-traumatique). Elle se voyait comme une personne "malade" et "stigmatisée" à cause de ce SSPT. Jennifer disait : "J"ai de la peine à me pardonner ma maladie. Je n'accepte pas le fait que je suis tellement faible que j'ai le SSPT."
Je lui ai expliqué que le SSPT est "une réaction normale à un événement anormal." Nous avons parlé des symptômes typiques du SSPT ressentis par plusieurs personnes. Pendant toutes ces années, personne n'avait jamais essayé de lui expliquer que ses réactions étaient normales. Bien sûr, Jennifer avait certains symptômes qui ne faisaient pas nécessairement partie de la liste de symptômes typiques. Et oui, elle avait peut-être des conditions pré-existantes qui avaient peut-être aggravé ses symptômes de SSPT. Mais elle avait souffert de nombreux traumatismes.
Le SSPT apparaît dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, c'est vrai, mais personnellement, je crois que c'est plus souvent une réaction normale à un événement anormal et non uniquement un état mental. C'est ainsi que je choisis de l'expliquer à mes clients.
Elle s'est sentie soulagée en passant en revue ces symptômes. Elle a dit : "Ces symptômes me décrivent ! Je ne les avais pas avant les traumatismes. Ce n'est qu'aprês tous ces affreux événements que j'ai commencé à me sentir si mal !"
Bravo ! Elle avait appris quelque chose. Mais elle se jugeait toujours durement. Elle a dit : "Comment puis-je me pardonner d'avoir eu ces symptômes sans savoir pendant toutes ces années qu'ils sont presque tous normaux." Je lui ai demandé de m'expliquer comment elle voyait le pardon". Elle a répondu : "Je ne me suis jamais pardonné quoi que ce soit."
Ah !
J'ai demandé : "Te souviens-tu de la première fois où tu ne t'es pas pardonnée ?" Elle a raconté, en pleurant, un événement qui s'était produit quand elle avait trois ans. Avec les tapotements, elle est passée de 10 à zéro.
Elle a ajouté : "Ceci m'a fait beaucoup de bien. Nous avons touché des questions importantes. Je pourrais peut-être être différente maintenant. Je n'ai plus besoin d'avoir peur. Après tout, j'étais vraiment une enfant surdouée. Je n'ai jamais pu dire ceci à voix haute, mais je peux le faire maintenant."
Jennifer voulait poursuivre cette session. Elle voulait parler de ses problèmes de sommeil. Elle dit n'avoir pas dormi profondément depuis plusieurs années. Elle s'éveille souvent pendant la nuit en état de panique. Elle prend 30 mg de Valium avant de se coucher et s'éveille toujours en pleine nuit pour en prendre encore 20 ou 30 mg. En s'éveillant, elle ressent souvent un fort désir de sucre.
Je ne savais pas comment faire pour mesurer l'intensité de ce problème de sommeil, alors nous avons simplement fait une séquence pour ce problème. Lors de notre prochaine session, elle devait me parler des résultats obtenus.
L'affirmation pour ce problème était longue, parce que nous avons avions trois thèmes : "problème de sommeil", "m'éveiller pendant la nuit" et "besoin de sucre".
C'est ainsi que s'est terminée notre deuxième session.
Notre troisième session :
Résultat des tapotements pour le sommeil : "Depuis que nous avons travaillé pour le sommeil, je n'ai plus pris de médicaments supplémentaires et j'ai dormi profondément pendant la nuit. Je n'ai pris que 15 mg de Valium. Maintenant, je n'ai même plus besoin de tapoter pour m'endormir. Quel soulagement !"
Résultat des tapotements pour la télé : "Je peux regarder des films d'action et psychologiques à la télé et ils ne me dérangement plus ! J'ai plusieurs de ces films dans ma collection, et je ne pouvais pas les regarder depuis longtemps. Maintenant, j'en suis capable.:
Nous avons ensuite travaillé à libérer un traumatisme qui la hantait depuis plusieurs années. Il s'agissait d'une menace de mort dirigée vers elle. Certaines paroles de cette menace lui faisaient très peur et elle se les répétait intérieurement sans cesse, depuis des années. J'ai remarqué que l'intensité n'était pas très élevée et je lui en ai parlé. Elle a répondu : "Si nous en avions parlé au début de notre première session, je n'aurais pas été capable d'en parler. C'est facile maintenant." Mais comme ceci la dérangeait encore, nous y avons travaillé. Quelques minutes EFT plus tard, elle a dit : "Maintenant, je n'arrive même plus à me souvenir de ce que cet agresseur avait dit. Et pourtant, j'avais ces mots en mémoire depuis des années."
Hmmm. Mon expérience m'a enseigné que les gens "n'oublient pas" leurs mémoires. Plutôt, elles n'ont plus de charge émotionnelle. Je lui ai demandé de me "dire" exactement ce que l'agresseur avait dit. Effectivement, elle s'en souvenait. Elle a dit ces paroles sans la moindre difficulté. Je lui ai fait répéter, avec émotion et avec une voix forte. Aucune intensité. Je lui ai demandé d'imaginer le visage de l'agresseur tout en disant ces paroles. Aucune intensité.
Notre session tirait à sa fin. Je lui ai demandé ce qui avait été le plus utile et le moins utile pour elle pendant notre session. Le plus utile était "d'accepter et me pardonner d'avoir des symptômes de SSPT". Elle ne se voyait plus comme "malade" et "stigmatisée", elle avait des symptômes de SSPT, tout simplement. La différence entre ces perceptions est subtile mais importante pour elle.
Notre troisième session était terminée.
Notre quatrième session :
Au début de notre quatrième session, Jennifer m'a dit qu'elle avait eu une journée de dépression depuis notre dernier entretien. Elle se voyait toujours comme une "malade" à cause du SSPT. Je lui ai demandé pourquoi. Elle a dit qu'elle souffrait de diarrhée depuis que s'était produit le pire de ses traumatismes et que parfois, elle salissait sa culotte. Elle ne se respectait pas beaucoup lorsque ceci se produisait.
Je n'emploie pas de mots grossiers habituellement, mais cette fois, je sentais que c'était important. "Donc, cet incident te fait 'chier" de peur ?" Elle a ri ! Nous avons tapoté en disant : "Même si j'ai chié de peur à cause de cet incident, je m'aime et je mÕaccepte infiniment." Remarquez que j'ai utilisé le passé composé dans cette affirmation. Ceci crée une distance dans le temps, plaçant l'incident dans le passé et non le présent.
La partie la plus utile de la session pour elle avait été d'aborder son problème de diarrhée et d'avoir compris qu'un tel problème physique peut faire partie de la constellation des symptômes du SSPT.
Le jour de notre cinquième session, Jennifer a dit que son problème de diarrhée n'était pas revenu avant ce jour-là. Elle a cru que cet incident isolé était causé par le fait qu'elle était un peu nerveuse au sujet de son entrevue prévue pour le lendemain !
Une entrevue pour du travail ???
Voici une femme qui est bénéficiaire d'une rente d'invalidité depuis des années parce qu'elle est incapable de travailler. Et maintenant, elle me demande de l'aider à se préparer pour son entrevue du lendemain !
Depuis le début de notre travail ensemble (toujours au téléphone), elle dort maintenant toute la nuit, prend beaucoup moins de médicaments, sort sans problème, joue du piano et compose de la musique, s'aperçoit que les autres la dérangent moins, se prépare pour une entrevue et rit plus facilement. Elle se souvient bien de ses traumatismes, mais ils n'ont presque pas ou aucune charge émotionnelle.
Combien de temps avons-nous travaillé ensemble ? 7,3 heures.
Traduit et adapté avec permission.